Le plan Vigipirate

Le plan Vigipirate


Le plan Vigipirate

 


Après les "événements" survenus au Royaume-Uni, la ministre française de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a appelé dimanche policiers et gendarmes à une "vigilance renforcée", et ce "même si aucune menace particulière et spécifique ne pèse sur notre pays aujourd'hui". Le plan Vigipirate est maintenu au rouge, troisième niveau sur les quatre que compte cette échelle, le degré le plus élevé étant l'écarlate. C'est ce qu'a indiqué Michèle Alliot-Marie, après s'être entretenue samedi avec le président Nicolas Sarkozy. Le plan Vigipirate est un dispositif de sécurité français destiné à prévenir les menaces ou à réagir face aux actions terroristes. Créé en 1978 sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing alors que l'Europe connaissait une vague d'attentats, ce plan a été actualisé à trois reprises, en juillet 1995, juin 2000 et mars 2003. Il a été déployé pour la première fois en 1991. Le plan actuel est découpé en quatre niveaux d'alerte croissants : jaune, orange, rouge et écarlate. Lors des attentats à Madrid du 11 mars 2004, le plan Vigipirate est passé au niveau orange puis au niveau rouge pour les gares et la SNCF. Il a été élevé au niveau rouge après les attentats du 7 juillet 2005 à Londres par le Premier ministre Dominique de Villepin.

Niveau jaune: Accentuer la vigilance, face à des risques réels mais encore imprécis, par des mesures locales avec le minimum de perturbations dans l'activité normale, et se mettre en état de passer aux postures des niveaux orange et rouge dans un délai de quelques jours.

Niveau orange: Prévenir le risque d'une action terroriste considérée comme plausible, fût-ce au prix de contraintes et de perturbations modérées dans l'activité normale, et se mettre en état de passer aux postures des niveaux rouge et écarlate dans un délai rapide, selon la nature des moyens.

Niveau rouge: Prendre les mesures nécessaires pour prévenir le risque avéré d'un ou de plusieurs attentats graves, comprenant certaines mesures de protection des institutions, et mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés, en acceptant les contraintes imposées à l'activité sociale et économique.

Niveau écarlate: Prévenir le risque d'attentats majeurs, simultanés ou non, pouvant utiliser des modes opératoires différents et provoquer des effets dévastateurs, et mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés ; des mesures particulièrement contraignantes peuvent être mises en œuvre.

Évaluation de la situation et des mesures applicables

L'évaluation des menaces est préparée par les services spécialisés, et renouvelée régulièrement, selon un rythme adapté à l'évolution de la situation nationale et internationale. À partir de cette synthèse, une proposition de niveau d'alerte est soumise au Président de la République et au Premier ministre, qui déclenche le 'plan Vigipirate et détermine le niveau d'alerte applicable sur le territoire. Les mesures de vigilance, de prévention et de protection sont ensuite déclenchées et mises en œuvre par les différentes autorités : services de l'État, collectivités locales, SNCF, RATP, aéroports...

Le nouveau plan Vigipirate permet une plus grande souplesse et une meilleure réactivité des actions de l'État. Il constitue un pivot autour duquel les plans d'intervention et de secours spécifiques comme Plan Biotox, Plan Piratox, Plan Piratome pourront être mis en place le cas échéant.

Le plan prévoit également le partage et la diffusion d'une culture de sécurité. Il repose en effet sur un principe de responsabilité partagée de la sécurité : chacun doit prendre en compte les risques, du simple citoyen aux services chargés d'intervenir contre le terrorisme. La vigilance doit être entretenue et les équipes de sécurité sont formées et entraînées.
Dernière mise à jour de cette page le 31/07/2007