Dans le cadre de son programme local d’urbanisme le commune de Monthenault envisage favoriser l'implantation de maisons passives.

Des lycéens conçoivent des maisons « économes »
Les élèves du lycée rémois Arago ont travaillé sur des projets de maisons peu gourmandes en énergie. Le maire de Monthenault s'est dit intéressé par le sujet.
VERRA-T-ON un jour dans l'Aisne des « maisons passives » (économes en énergie) imaginées à Reims ? Pourquoi pas ? Le lycée rémois Arago vient en effet de plancher sur le sujet pour répondre à une « commande » émanant d'un élu axonais : « Le maire de Monthenault souhaite réaliser un lotissement de dix maisons passives près du parc de l'Ailette, explique Matthieu Houpe, enseignant dans l'établissement en question. Pour l'aider dans sa réflexion, il a demandé à ce que nous lui fournissions des idées de projets ».

Selon Matthieu Houpe, ces maisons passives ne consomment finalement qu'autour de 40kW/h par mètre carré par an, soit dix fois moins qu'une maison ancienne, du début du XXe siècle, et trois à quatre fois moins qu'une maison plus récente des années 1990. Intéressant par conséquent dans la perspective de l'actuel souci de développement durable. ANTOINE PARDESSUS
« la maison passive »
Avant tout, une maison passive est un bâtiment dans lequel règne, durant toute l’année, un excellent confort climatique, sans qu’il soit nécessaire de recourir à un système de chauffage ou de climatisation conventionnel. Pour la chauffer et la rafraîchir « passivement », deux principes s’imposent :

1. Optimiser les éléments constitutifs de l’habitation du point de vue énergétique. Toute maison est composée de parois, de toitures, de fenêtres et même d’une ventilation... Dans la « maison passive », la qualité thermique de ces éléments est considérablement améliorée, sans que l’utilisation de techniques nouvelles ou inhabituelles s’avère nécessaire.
2. Réduire les déperditions d’énergie avant la maximisation des gains. Des simulations théoriques ainsi que des expériences pratiques ont démontré qu’une stratégie de réduction des déperditions de chaleur, dans des conditions climatiques européennes, est nettement plus efficace que celle qui favorise les gains d’énergie solaire passive ou active (1).
L’appellation « maison passive » s’applique donc plus aux techniques de préservation de chaleur qu’aux gains d’énergie solaire, même si ceux-ci peuvent jouer un rôle important.

Premier-pilier
L’isolation thermique
Emballée chaudement dans une épaisseur importante d’isolation thermique, la « maison passive » subit une perte de chaleur très limitée. Les besoins en chauffage encore nécessaires sont presque réduits à néant. Ici, des « radiateurs » qui passent habituellement inaperçus - la chaleur humaine, les appareils électroménagers et l’éclairage - commencent à prendre toute leur importance. Cette chaleur gratuite était généralement négligeable dans les bâtiments traditionnels étant donné que ces bâtiments étaient peu, voire pas du tout, isolés.
Là où l’isolation thermique est traditionnellement épaisse de huit à dix centimètres, elle peut dépasser les trente centimètres dans « une maison passive ». L’absence d’investissement dans un système de chauffage traditionnel entraîne une diminution considérable des coûts énergétiques annuels
Deuxième-pilier
L’aération
Le deuxième pilier du concept de « maison passive » est la ventilation en fonction des besoins. Elle assure continuellement une parfaite qualité de l’air interne et cela indépendamment des conditions climatiques externes. C’est, en quelque sorte, le cœur de la « maison passive ».
Un ventilateur mécanique à double flux avec récupération de chaleur insuffle de l’air frais dans les espaces de vie et extrait l’air vicié des espaces utilitaires. Moyennant un échangeur de chaleur efficace, l’air frais est préchauffé par la chaleur de l’air vicié évacué sans mélanger les flux.
Avec un tel système de ventilation, la crainte de ne plus pouvoir ouvrir les fenêtres est injustifiée. On peut sans problèmes les ouvrir, mais contrairement aux bâtiments traditionnels, on ne le fait plus pour ventiler mais pour entendre ce qui se passe dehors !
L’avantage d’un tel système de ventilation est l’augmentation considérable de la qualité de l’air et du confort thermique, ce qui est tout particulièrement favorable pour les personnes allergiques aux pollens et aux poussières car, grâce à des filtres efficaces, l’air extérieur et débarrassé de ces agents allergènes
Troisième-pilier
La fenêtre
La fenêtre est, d’un point de vue thermique, le maillon faible de la paroi extérieure. C’est à travers elle que se perd la plus grande partie de la chaleur. Mais, dans le même temps, elle laisse pénétrer le rayonnement solaire qui participe à chauffer le bâtiment.
Dans la « maison passive », la déperdition de chaleur d’un double vitrage traditionnel est encore diminuée de moitié par l’utilisation d’un triple vitrage à basse émissivité. Le point faible n’est désormais plus la surface vitrée, mais bien le châssis de fenêtre, ce qui mène à favoriser un nombre restreint de grandes surfaces vitrées plutôt qu’une multitude de petites fenêtres.
L’utilisation d’un triple vitrage augmente le confort thermique par l’absence d’un rayonnement froid à sa proximité. Par ailleurs, l’utilisation de fenêtres de grande taille laisse pénétrer plus de chaleur et de lumière naturelles.
Quatrième-pilier
Les ponts thermiques et l’étanchéité à l’air
Des ponts thermiques peuvent provenir, d’une part, d’une mauvaise conception des détails et, d’autre part, d’une exécution non appropriée sur chantier. C’est pourquoi une « maison passive » doit être conçue et construite d’une manière méticuleuse. La suppression des ponts thermiques permet de diminuer les pertes de chaleur mais aussi d’éviter les pathologies dues à la condensation sur les parois froides de l’humidité contenue dans l’air intérieur
Par ailleurs, une bonne étanchéité à l’air augmente le confort, diminue les pertes et évite tout problème de condensation dans la paroi, ce qui peut provoquer la ruine du bâtiment. D’autre part, c’est cette bonne étanchéité à l’air qui garantit le bon fonctionnement de la ventilation mécanique.
Avec le standard de la « maison passive », l’habitant dispose d’un bâtiment garantissant un grand confort thermique et une qualité constructive supérieure, ceci grâce à une conception intelligente et non grâce à une infrastructure technique démesurée.
20 % de la population mondiale consomme 80 % des réserves d’énergie.
