le village a été totalement détruit au cours de la guerre 1914 1918


Le MINISTERE de le Guerre de la Répubique Française
à délivré à la commune de MONTHENAULT à PARIS le 17 octobre 1920
LA CROIX DE GUERRE
pour citation à l'ordre de l'armée au cours de la campagne 1914 1918
contre l'ALLEMAGNE et ses ALLIES
Enregistré au MINISTERE DE LA GUERRE sous le numéro 1273
enregistré à la CHANCELLERIE de l'odre NATIONAL de la LEGION d'HONNEUR



16 avril 1917
Offensive du Chemin des Dames
Le 16 avril 1917, les Français lancent une grande offensive en Picardie, sur le Chemin des Dames, un escarpement de 35 kilomètres qui s'étire de Craonne, à l'est, au moulin de Laffaux, sur la route Soissons-Laon.
Mal préparée, mal engagée, elle va entraîner un profond ressentiment chez les soldats et une reprise en main des questions militaires par le gouvernement.
André Larané
Échec sanglant
L'échec de l'offensive est consommé en 24 heures malgré l'engagement des premiers chars d'assaut français (une quarantaine). On n'avance que de 500 mètres au lieu des 10 kilomètres prévus, et ce au prix de pertes énormes. 30.000 morts en dix jours.
Le général Robert Nivelle, qui a remplacé le général Joffre à la tête des troupes françaises, en est tenu pour responsable.
Lors de la conférence interalliée de Chantilly, en novembre 1916, il assurait à tout un chacun que cette offensive serait l'occasion de la "rupture" décisive tant attendue grâce à une préparation massive de l'artillerie qui dévasterait les tranchées ennemies en profondeur. "Je renoncerai si la rupture n'est pas obtenue en quarante-huit heures" ,promettait-il aussi !
Mais le lieu choisi, non loin de l'endroit où s'était déroulée la bataille de la Somme de l'année précédente, n'est pas le moins du monde propice à la progression des troupes, avec ses trous d'obus et ses chemins défoncés.Qui plus est, les Allemands, avant l'attaque, ont abandonné leurs premières tranchées et construit un nouveau réseau enterré à l'arrière, plus court de façon à faire l'économie d'un maximum de troupes : la ligne Hindenburg.
Une offensive parallèle est menée par les Anglo-Canadiens au nord de la Somme, près d'Arras et de la crête de Vimy. Plus chanceux que leurs alliés, ils avancent dès le premier jour d'un à cinq kilomètres, les Allemands ayant allégé leur dispositif pour concentrer leurs efforts sur le Chemin des Dames.
Désespoir et mutineries
Après l'attaque du Chemin des Dames, au cours de laquelle sont morts pour rien 29.000 soldats français, la désillusion est immense chez les poilus. Ils ne supportent plus les sacrifices inutiles et les mensonges de l'état-major.
Des mutineries éclatent çà et là. En fait de mutineries, il faudrait plutôt parler d'explosions de colère sans conséquence pratique (aucun soldat n'a braqué son arme sur un gradé ; aucune compagnie n'a déserté).
Elles surviennent à l'arrière, dans les troupes au repos qui, après s'être battues avec courage mais inutilement, apprennent que leurs supérieurs veulent les renvoyer au front sans plus d'utilité.
Le général Nivelle, qui n'a pas tenu sa promesse d'arrêter les frais au bout de 48 heures, est limogé le 29 avril 1917 et remplacé par le général Pétain, auréolé par ses succès de l'année précédente à Verdun.Il s'en faut de beaucoup que ce changement ramène la discipline dans les rangs et les mutineries se reproduisent en assez grand nombre jusqu'à la fin du printemps.
Le nouveau commandant en chef s'applique en premier lieu à redresser le moral des troupes. Il sanctionne, semble-t-il, avec modération les faits d'indiscipline collective, limitant à quelques dizaines le nombre d'exécutions...
À l'arrière, notons-le, on sévit avec moins de ménagement contre les défaitistes et les supposés traîtres. Ainsi fusille-t-on une pitoyable demi-mondaine, Mata-Hari.Les Mutineries en question
Les mutineries du printemps 1917 sont passées pratiquement inaperçues des contemporains et n'ont suscité l'intérêt des historiens qu'à partir des années 1930. Le sujet est devenu polémique...
L'historien Guy Pedroncini chiffre le nombre de condamnation à 3.500 environ et les exécutions effectives à 60 ou 70. L'historien Jean-Baptiste Duroselle évalue à 250 le total des mutineries sur le front français au printemps 1917. Elles auraient impliqué un maximum de 2.000 soldats et se seraient soldées par 27 exécutions pour faits d'indiscipline collective. Notons qu'il n'y a pas eu de "fusillés pour l'exemple".
Quoi qu'il en soit des chiffres, les mutineries ont inspiré un chef-d'oeuvre au cinéaste américain Stanley Kubrick : Les sentiers de la gloire (1957), avec Kirk Douglas dans le rôle principal.
La Chanson de Craonne est depuis longtemps un élément central dans la mémoire de la Première Guerre mondiale. Chantée notamment par Marc Ogeret, Mouloudji et Maxime Le Forestier, elle est également présente dans plusieurs films dont "Un long dimanche de fiançailles" (J.-P. Jeunet, 2004)
La Chanson fut l’objet de multiples versions pendant la guerre sur l'air d'une valse à la mode "Bonsoir m’amour " composée par Adhelmar Sablon, en 1911. Cette chanson est d'abord connue sous le titre "La chanson de Lorette", en référence au plateau de Lorette en Artois. A partir de 1916, d'autres versions évoquent tantôt les combats de Champagne tantôt ceux de Verdun ou de la Somme.
La chanson de Craonne apparaît à l'été 1917 : le "plateau" dont il est question est le plateau de Californie qui surplombe le village de Craonne, objectifs d'attaques incessantes et particulièrement sanglantes lors de l'offensive Nivelle, à partir du 16 avril 1917.